Compte-rendu d’atelier networking #4 : « Construire son projet franco-asiatique »

La veille de l’atelier Asianoveo #4 se tenait également au Falstaff un atelier autour de l’innovation Jugaad. Robert de Quelen y était et fait le rapprochement avec la volonté des Français mobiles d’entreprendre un projet en Asie .  « Jugaad », c’est un mot hindi populaire qui peut être traduit à peu près par « l’art de concevoir des solutions ingénieuses, largement pratiqué dans les pays émergents » .
En d’autres termes c’est « faire plus avec moins » dans des conditions difficiles.

Un projet d’entrepreneuriat en Asie peut être apparenté à une innovation Jugaad. Se lancer dans un tel projet avec le plus souvent comme seul départ rien qu’une idée dénote d’un certain courage et d’une grande ingéniosité. L’idée est aussi de se lancer avec audace, de planifier ce qui peut l’être (étapes, ressources), et de procéder à de nombreux ajustements en cours de route.

Lors de ce 4ème atelier Asianoveo les participants, Français ou d’origine asiatique, ont évoqué leurs projets d’entrepreneuriat, de retour en France ou d’expatriation professionnelle. Les discussions, réparties en tables thématiques, ont permis des échanges fructueux et les participants ont pu une fois

de plus consolider leur réseau franco-asiatique. Cette soirée a également été l’occasion de faire se rencontrer différents experts en accompagnement de la mobilité internationale.

Thème 1  : Entrepreneuriat en AsieRésultat de recherche d'images pour

Cécile Cousteix, du Cabinet Lincoln, nous a fait part du récit de son expatriation :  C’est à l’origine son époux qui est muté à Shangai. Elle était au début réticente à l’idée de quitter son activité  de conseil en recrutement au sein du Cabinet Lincoln et quitter la France. C’est en discutant avec sa direction qu’a germé l’idée de développer l’activité du Cabinet Lincoln sur la Chine.

Ainsi elle a décidé de faire de son expatriation avec son époux à Shangai un projet d’entrepreneuriat. Après une analyse du marché Chinois et la construction d’un business plan, elle s’est lancée dans le développement du réseau. Une réussite puisque aujourd’hui la branche Chine est désormais autonome et génère du résultat. Le business model a ensuite été repris pour Singapour. Cécile Cousteix a tiré de cette expérience des conseils utiles pour les futurs porteurs de projets :

    • Entreprendre des voyages de reconnaissance, pour prendre ses marques et réaliser une étude de marché viable et aboutie avant de se lancer dans le projet.
    • Se faire aider, ne pas hésiter à se faire conseiller.
    • Rencontrer sur place des personnes de la même branche et/ou même métier.
    • Les cabinets d’expertise comptable / avocats  peuvent aider sur les sujets administratif, les relations avec les banques, les  licences, les visas, les locaux de société. L’important est de trouver un organisme qui vous accompagne d’un bout à l’autre du projet, disponible bien avant l’arrivée dans le pays cible.
    • Pour le retour : les “impatriés” devront faire preuve d’humilité et admettre que ce qu’ils ont vécu comme une expérience extraordinaire n’est pas forcément apprécié comme tel par leurs responsables RH. Ils doivent faire un effort conscient pour retrouver leurs marques et leur place dans l’entreprise, voire surmonter ce que l’on appelle le “contr-choc culturel”. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’ils pourront espérer trouver moyen de valoriser leur expertise interculturelle et leur expérience. Attention à ne pas susciter de jalousies avec des récits hauts en couleur !

Thème 2  : Expatriation

Séveryne MULLERSéveryne Muller, Responsable Mobilité Internationale Asie-Océanie pour Pôle emploi, est venue présenter la nouvelle nouvelle offre de service de cette organisation, encore peu connue. C’est un service réservé aux demandeurs inscrits à Pôle Emploi qui cherchent à  travailler à l’étranger.

Cette offre propose d’accompagner les demandeurs d’emploi intéressés par la mobilité internationale. Un groupe d’experts leur apporte une information qualifiée sur les conditions de l’emploi et du travail, les aide à lever les différents obstacles pour la réalisation de leur projet et à identifier avec eux les opportunités d’emploi et les recruteurs avant de les accompagner dans leur placement hors de nos frontières. Le service représente une véritable innovation de la part d’une institution souvent perçue comme un peu traditionnelle, avec une offre 100 % digitale accessible depuis toute la France.

Les liens utiles pour en savoir plus sur Pôle emploi Mobilité Internationale Asie-OCéanie :Résultat de recherche d'images pour

La présentation générale

La vidéothèque YouTube

– Revue de presse « Scoop it » d’Oceasia


Thème 3 : Retour en France

Ce groupe de discussion rassemblait cinq participants revenus d’Asie : trois  de Chine, une de Singapour, et un du Vietnam.

Leur point commun : une volonté de mener leur carrière à cheval entre la France et l’Asie, de trouver des missions ou un employeur qui leur donne une opportunité de repartir en Asie.

La plupart éprouvent aujourd’hui une difficulté à se positionner clairement, par exemple sur Linkedin : “dois-je indiquer que je suis désormais basé en France ou laisser ma présentation comme si j’habitais et travaillais à plein temps en Asie ?” se demandent-ils. Dans la mesure où seuls les Français éprouvent une gêne face à cette mobilité, tandis que les asiatiques n’y voient pas d’inconvénient, il est préférable d’annoncer une domiciliation en France tout en restant disponible pour des missions ou un emploi en Asie.

Un coussin financier d’environ trois à six mois est nécessaire pour trouver des clients afin de poursuivre à distance une activité créée en Asie.

Certains acceptent dans un premier temps un emploi sans rapport avec l’Asie pour se donner le temps de mûrir un nouveau projet de départ en Asie ou à cheval entre la France et l’Asie.

3 problèmes identifiés :

– Difficulté à se reconstruire si le retour en France n’a pas été souhaité mais contraint par des restrictions de visa ou une situation personnelle (suivi du conjoint)

– Difficulté à trouver des missions ou un poste qui valorise les compétences acquises en Asie. Souvent, on ne se voit proposer que des missions sans rapport avec l’Asie et payées moitié moins par rapport à ses qualifications

– Difficulté à se positionner et se présenter sur Linkedin de peur de perdre sa spécificité Asie

Les besoins communs :

– développer son réseau pour identifier ce que l’on veut faire en France, pour trouver des clients, pour préparer son projet, pour trouver un poste salarié en France en rapport avec l’Asie ou le pays d’intérêt

– de l’accompagnement de projet pour le mûrir


La prochaine soirée, jeudi 27 avril, sera précisément organisée sur le thème “Construire et développer son réseau professionnel”.

Pour s’inscrire, (NON + PRENOM) à contact@asialyst.com

Lien de l’événement Facebook : Atelier du 27 avril : Atelier du 27 avril : CONSTRUIRE ET DEVELOPPER SON RESEAU PROFESSIONNEL
Auparavant, Asianoveo organise conjointement avec l’Inalco une conférence sur le thème de la mobilité professionnelle internationale vers l’Asie.

Lien de l’événement et inscription ici : Les nouveaux défis de la mobilité professionnelle en Asie

Robert de Quelen, directeur d’Asianoveo