Compte-rendu d’atelier 5: « Construire et développer son réseau professionnel

« Pourquoi les Français sont-ils si nuls en networking (l’art de construire et d’entretenir son réseau social et professionnel) ? Les participants à la 5ème soirée Asianoveo étaient trop polis pour poser la question de manière aussi explicite. Elle était pourtant au cœur de la discussion qui suivit les présentations de Catherine Lazbounatirou, coach en accompagnement de la mobilité professionnelle (retours d’expatriation) et Anne Etchenagucia, Consultante RH et Coach de dirigeants et de managers, toutes deux riches d’une double expérience en France et en Asie.

Catherine Lazbounatirou a expliqué l’importance de la démarche réseau pour accéder au « marché caché » : tout secteur confondu, près de 70% des offres d’emploi ne sont jamais diffusées par les cabinets de recrutement et les sites d’annonces en ligne. Lorsqu’on vit à l’étranger, par exemple en Asie, c’est aussi le moyen de bénéficier de l’expérience d’autres expatriés qui connaissent bien le pays. Leurs conseils peuvent faire gagner un temps précieux et éviter de commettre des impairs. Enfin, le réseau professionnel et social peut se révéler une DSC_0033source d’entraide entre membres qui n’hésitent pas à faire circuler l’information sur des opportunités d’affaires ou d’emploi. Ils peuvent aussi mettre les nouveaux arrivants en contact avec des personnes qui leur ouvriront à leur tour les portes d’autres réseaux.

C’est ce système, basé sur la confiance réciproque, que l’on appelle en Chine le « Guanxi ». Anne Etchenagucia a donné un aperçu de ce concept, dans lequel le respect des engagements constitue un ressort fondamental. Dans certains milieux, il ne sera possible de pénétrer qu’en étant dûment introduit par l’un de ses membres, qui se porte caution morale pour le nouvel arrivant. Vous pouvez retrouver ici (lien) un article écrit par Catherine Lazbounatirou sur ce sujet. Toutes deux ont évoqué des situations dans lesquelles le réseau leur a permis de faire avancer leurs projets professionnels, en Chine ou en France.

Entre les présentations, des exercices pratiques ont permis aux participants de travailler concrètement sur les thèmes : « diagnostic-flash, où en est votre réseau ? », « déterminer mes objectifs ? », « identifier mes cibles ». Certains ont eu la bonne surprise de constater que le profil apparaissant sur Google correspondait étroitement à leurs objectifs de visibilité. Pour d’autres, ce fut l’occasion de mesurer le travail à accomplir.

Robert de Quelen, directeur d’Asianoveo, a conclu en évoquant la nécessité de construire une stratégie réseau proactive, cohérente et persévérante, afin de maîtriser sa réputation et le développement ciblé de ses contacts professionnels. Le prochain webinar et le prochain atelier, le 31 mai, aborderont les é
tapes suivantes de la démarche networking, notamment sur les réseaux sociaux.

Mais il ne suffit pas de participer à des événements pour développer son réseau.

Une démarche DSC_0004efficace combine activité en ligne et « en présentiel ». La présence d’un bon tiers de participants d’origine asiatique a permis de lancer le débat autour de la question :  « pourquoi est-ce que les Français ne recontactent pas les personnes rencontrées lors d’événements réseau ? »

Deux explications à cela : les freins culturels, et le manque d’habitude. Les Français ont de nombreux obstacles culturels à franchir avant de maîtriser l’art du networking, dans lequel anglo-saxons et Chinois se révèlent beaucoup plus à l’aise. L’un des principaux freins est la croyance que s’engager dans une telle démarche a forcément quelque chose d’intéressé. Ce serait donc faire preuve de bassesse morale, selon la Logique de l’honneur identifiée par l’anthropologue Philippe d’Iribarne.   L’idée même de s’engager dans un échange de services et de bons procédés, principe au cœur du Guanxi chinois, inspire une profonde méfiance à nos compatriotes, qui préfèrent ne rien devoir à personne. Une approche plus efficace consisterait à remplacer ces croyances limitantes par une autre, par exemple : « toute personne a quelque chose d’intéressant à révéler ».

Le deuxième tient tout simplement au manque d’usage : habitués aux conversations généralistes, nous aurions du mal à pratiquer le « small talk », ou « petite conversation » à l’anglo-saxonne. C’est pourtant de cette manière que l’on peut facilement aborder un grand nombre de personnes au cours d’un même événement.  Nous reviendrons sur ce sujet plus longuement lors d’un prochain article.

DSC_0049Pour conclure les présentations, Laurent Clementz, co-fondateur du site 88JOBS.com, a été invité à présenter ce site d’offres d’emplois pour les sinophones, dont voici le résumé :

88jobs.fr est le premier site européen de recrutement spécialisé dans les emplois bilingues français et chinois. La francophonie progresse d’année en année, comme la pratique du chinois. Uniquement en France, près de 50.000 étudiants chinois viennent étudier et souhaitent trouver un stage ou un emploi. Plus de 200.000 étudiants français sont sinophones. Ce chiffre est en constante augmentation car l’enseignement de la langue chinoise dans les écoles tous domaines confondus est désormais une nécessité. Sur les centaines de sites emplois francophones européens, plus de 60.000 annonces d’emplois et de stages franco-sinophone sont disponibles chaque année.

Robert de Quelen, Directeur d’Asianoveo