Compte-rendu de la soirée networking du 22 février : « valoriser les compétences des expatriés » Partie 2 : Le CV

Sur le CV ou le profil : Quel format de CV pour valoriser nos compétences interculturelles/Asie : à la française, par ordre chronologique, ou en mettant en avant les compétences ? Faut-il s’en tenir au CV à la française, qui ne fait pas suffisamment ressortir les compétences interculturelles, ou adopter le CV à la québécoise (nord-américain) ?

ThomasAsianoveo

Le CV doit permettre aux recruteurs d’apprécier en un coup d’œil l’adéquation de votre profil avec l’expérience et les compétences requises pour un poste donné, mais il vous permet également de mettre en valeur votre parcours et votre personnalité. C’est votre carte d’identité professionnelle.

La rédaction de votre CV est un exercice délicat car il répond à deux missions précises du point de vue du recruteur : faire le tri parmi les candidats à un poste donné (ou déterminer si une candidature est pertinente pour tel ou tel poste, dans le cas d’une candidature spontanée), et identifier les profils les plus intéressants.

Il convient donc à la fois de faire figurer et de mettre en valeur les éléments de votre profil, vos compétences et votre expérience, qui répondent le mieux au poste visé, mais également de mettre en avant ce qui vous rend unique, et ce qui apporte une valeur ajoutée à votre candidature. C’est dans cet espace que vous devez mettre en avant votre ou vos expérience(s) d’expatriation et les compétences interculturelles acquises dans ce cadre.
Au delà du contenu du CV, un axe de discussion important de l’atelier a porté sur sa forme : doit-il faire un page ou davantage (CV synthétique ou développé) ? Doit-il faire figurer tel ou tel élément (photo, âge, adresse, etc.) ? Un exemple intéressant est celui du Japon et de la Corée, deux pays qui utilisent un modèle de CV fixe qui est utilisé par tous. Dans ce cas, le choix est donc celui de se conformer à cet usage et d’adopter un CV « culturel » conforme, ou de préférer un modèle de CV plus « classique », proche du modèle américain, qui est davantage répandu en Asie. Ne restez-pas bloqué sur ces questions formelles, sachez faire preuve de souplesse vis-à-vis de votre profil et de votre objectif. Un aspect essentiel en ce sens est d’adapter votre CV au domaine d’activité dans lequel vous candidatez : CV par compétences, CV orienté vers une approche projet, CV visuel et créatif. Au delà des questions formelles et des pratiques locales, c’est au final cela qui est déterminant pour faire ressortir au mieux votre candidature et son adéquation avec les besoins de votre interlocuteur.

IMG_0606Il est important de noter qu’en tant qu’étranger, votre candidature est atypique par nature, et se démarque de toute façon des autres candidats locaux. Il peut être plus cohérent d’assumer votre statut d’étranger dans le choix de votre CV, et de vous positionner directement dans ce que vous maîtrisez le mieux, afin de mettre en avant plus efficacement la valeur ajoutée de votre candidature.

Décentrez le regard en vous mettant à la place de votre employeur. Vis-à-vis d’un candidat local, vous n’êtes pas un spécialiste de votre pays d’accueil. Votre expérience à l’étranger ou vos connaissances linguistiques et culturelles éventuelles, essentielles au demeurant (notamment pour s’assurer que vous pourrez vous intégrer), ne sont pas suffisantes.

Vous êtes en revanche particulièrement intéressant en tant que go-between, comme spécialiste du marché français/européen, ou pour apporter un point de vue, des idées différentes. C’est ce point de vue que vous devez adopter pour identifier au mieux et mettre en valeur les éléments les plus susceptibles de retenir l’attention et de vous décrocher un entretien.
Dans un exercice aussi formel que le CV, votre espace d’expression pour mettre en avant ces éléments est réduit. Vous pouvez néanmoins faire figurer ces éléments dans un profil en en-tête de votre CV (par bullet points par exemple), ou dans un encart spécifique vous permettant d’exposer vos compétences personnelles, qu’elles soient humaines ou techniques. Ces éléments feront ressortir votre capacité d’adaptation rapide, votre curiosité, votre capacité de gestion d’équipe multiculturelle, etc. en les liant à vos différentes expériences ou activités. Attention, vos compétences interculturelles doivent figurer sur le CV de manière cohérente et parcimonieuse en appui de votre profil professionnel, que celui-ci reste suffisamment clair et pertinent.

Des ateliers dédiées permettront de manier concrètement et plus longuement les différents modèles et pistes de présentation de CV, et de développer chacun des points discutés lors de l’atelier.

Robert de Quelen, directeur d’Asianoveo